Et maintenant j'attends...
Qu'importe ma sentence ?... Elle ne sera que la conséquence de la vie que j'ai choisie volontairement de mener. Face à mes juges, je ne baisserai pas la tête. J'assumerai toutes mes responsabilités en acceptant d'en payer le prix.
Par ce livre je me suis condamné moi-même. Il est mon pire réquisitoire. En l'écrivant, je me suis refusé à tricher. Aussi dure que soit ma vérité, je n'ai pas peur de la regarder en face. A quel instant de ma vie suis-je devenu ce que je suis aujourd'hui ? Je l'ignore. Quelle cassure s'est produite pour que j'en arrive à ne plus respecter la vie ? Peut-être que certains me trouveront des excuses ?... Je ne m'en trouve aucune. Je ne veux pas faire le procès de la société ; je me contente de faire le mien ; l'homme est parfois son meilleur juge. Je sais que les portes de la liberté me seront fermées à vie. Je préfèrerais la mort... et pourtant j'ai le goût de vivre.
Dés mon enfance, mes yeux se sont ouverts sur la mort et la violence. J'ai ressenti la guerre que les adultes se livraient au nom des libertés.
A l'âge d'homme, je l'ai faite moi-même. Autre guerre... autre violence. Le meurtre collectif est glorifié s'il se commet au son de l'hymne national. Les guerres vécues, les guerres racontées, les guerres ressenties ne m'ont pas donné l'exemple du respect de la vie. Elles n'ont fait que l'égaliser l'assassinat à mes yeux. On a armé ma main au son de la Marseillaise et cette main a pris goût à l'arme. On m'a appris la violence et j'ai pris goût à la violence.
Depuis que j'ai vu le jour, les hommes se massacrent de par le monde, s'assassinent, se trahissent, se parjurent au nom d'un idéal qu'ils se donnent pour justifier leurs actes... Alors aujourd'hui, face à mes juges, face à mes accusateurs, je resterai froid s'ils me parlent du respect de la vie. Car l'homme est un loup pour l'homme : et si, parfois, il se met en meute pour rendre sa justice, il n'en reste pas moins un loup, comme celui qui s'est autorisé à juger. Je n'ai mené qu'une guerre personnelle dans un milieu qui n'est pas celui du plus grand nombre. Ce milieu a ses lois... A ce jour, je n'ai jamais vu un citoyen pleurer la mort d'un truand. Je ne lui reconnais donc aucun droit de justice en ce qui concerne les comptes que nous réglons entre nous.
Si j'ai volé, je n'ai jamais dépouillé les autres. Je me suis attaqué aux banques où a des entreprises pour la plupart de mes agressions. Je n'ai jamais usé de violence sur un caissier ou un transporteur de fond et je croit avoir travaillé proprement. Je n'ai ni volé, ni agressé des vieillard, ni exploité la femme. Si j'ai épousé l'aventure, c'est que j'aimais le danger. Si des hommes ont perdu la vie sous mes balles, c'est qu'il m'a fallu faire un choix entre leur vie ou la mienne. En acceptant un face-à-face armé, ils ont pris leurs risques, tout comme j'ai pris les miens.